2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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mercredi 16 mai 2012

Nouvelle modernité politique 9

Non, l'abolition de la peine de mort n'est pas incompatible avec l'islam !

Des voix prétendument autorisées se sont élevées au sein de l'Assemblée Nationale Constituante contre le principe de l'abolition de la peine de mort dans la nouvelle constitution prétextant qu'il serait incompatible avec l'islam.

Contre cet avis, une pure ineptie, nous nous élevons le plus vigoureusement en affirmant solennellement que l'abolition de la peine de mort n'est pas incompatible avec l'islam comme déjà démontré dans notre article en arabe dont nous reprenons ici l'esprit.
En effet, on ne peut soutenir cette prétendue incompatibilité de l'abolition de la peine de mort avec l'islam qu'en faisant une lecture débilitante du Coran. Si, par contre, on prétend qu'il s'agit de l'œuvre divine la plus parfaite qui soit, il ne nous est point permis de tenir pareille ineptie.
Et d'abord, parce que l'abolition de la peine de mort est aujourd'hui, dans tous les pays civilisés, une marque d'humanité. Or, l'islam est la religion humanitaire par excellence!
Ensuite, parce que si l'islam a retenu le principe de la peine de mort, il l'a fait d'une manière particulièrement restrictive et dans le seul but de préserver la vie humaine. Or, l'abolition de la peine de mort consacre bel et bien cette finalité.
Ainsi, il est trois cas où la religion musulmane prévoit textuellement la peine de mort. Dans ces trois cas, comme on le verra, il est toujours possible de ne pas y recourir et cette hypothèse est même privilégiée et encouragée.
Le premier cas le plus évident est l'homicide volontaire. Or, en islam, un tel crime suppose l'absence de la moindre suspicion quant à une possible innocence de son auteur pouvant relever d'une quelconque raison. De plus, si l'islam reconnaît à la famille de la victime le droit de tuer en représailles, il lui reconnaît aussitôt le droit absolu de pardonner et l'y invite même en marque supérieure de piété.
Le deuxième cas est celui prévu pour l'auteur d'adultère s'il est marié. Mais là aussi les conditions restrictives sont tellement nombreuses que la sanction peut dépendre, pour être appliquée, du seul aveu du coupable. Rappelons, à ce propos, que contrairement à ce que nombre de prétendus savants islamiques pensent, ce crime n'est constitué que dans le cas bien prouvé de pénétration; ainsi en sont exclus tous les rapports sexuels demeurés à la surface.
Le dernier cas est celui du banditisme de grand chemin pour lequel la sanction de la peine de mort entend protéger la paix civile et la vie des innocentes gens. Toutefois, cette sanction concerne des menées avérées de brigands en tant que tels, c'est-à-dire des hors-la-loi qui font de ce type de banditisme une profession. Ici encore on voit que l'islam réserve la peine de mort à une catégorie précise et à une manière particulière d'exercice de la pratique sanctionnée, puisque la peine ne s'applique nullement à une action ponctuelle ou à quelqu'un qui se serait adonné par accident à de tels actes.
Ces trois motifs à la base de l'application de la peine de mort en islam sont, comme on le voit, tellement encadrés que la mise en œuvre effective de cette peine en devient exceptionnelle. Or, il ne nous faut jamais oublier qu'il en était déjà ainsi dans un temps où la cruauté et les violences étaient la règle des mœurs publiques.
Aussi, aujourd'hui que les mœurs se sont assagies et que la peine de mort devient un signe de cruauté, comment oser dénaturer l'esprit de l'islam, cet esprit humaniste, en prétextant respecter sa lettre? Et respecte-t-on vraiment sa lettre en se libérant des restrictions et conditions draconiennes mises à l'application de la peine de mort?
Je le dis et je le répète le plus solennellement : être musulman aujourd'hui, être un vrai musulman, c'est consacrer dans notre constitution le principe de l'abolition de la pine de mort. Et si ce n'est pas selon la lettre même du coran bien interprété, c'est au nom de son esprit. Dire le contraire, c'est tout simplement affirmer que l'islam est cruel et inhumain. L'oserait-on, y compris dans les rangs des plus intégristes de nos musulmans?
Mais qu'en pense notre honorable cheikh Ghannouchi? Tous les humanistes, musulmans et non musulmans ont hâte d'entendre la sentence de notre gourou national en l'espérant bien clairvoyante à l'image de ses dernières sorties ! Attendons l'oracle.
Publié sur Nawaat